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Articles - actualité 2026 B

Tribune du Sénateur Prof Faustin Luanga —

                              Le Prix Nobel d’économie 2025 : une alerte pour

 

                              l’Afrique, une opportunité pour la RDC

L'Afrique se trouve à un tournant décisif, où l'innovation peut devenir le moteur de son développement. Le Prix Nobel d’économie 2025, décerné à Joel Mokyr, Philippe Aghion et Peter Howitt, offre une réflexion essentielle sur la nécessité d'adopter une approche innovante en Afrique, et tout particulièrement en République Démocratique du Congo (#RDC). Les travaux de ces chercheurs soulignent que la croissance durable ne peut être atteinte sans un engagement profond envers l'innovation et une ouverture au changement.

La première leçon à retenir réside dans l'importance des institutions solides. Joel Mokyr, en tant qu'historien de l’économie, insiste sur le fait que le progrès technologique ne peut se réaliser sans un cadre institutionnel stable. Par exemple, des pays comme la Corée du Sud ont réussi à transformer leur économie grâce à des politiques éducatives rigoureuses et des institutions transparentes. En RDC, la mise en place de structures efficaces et responsables pourrait donc favoriser l'essor d'une économie basée sur l'innovation. Cela nécessite une volonté politique forte pour soutenir des réformes qui encouragent la recherche et l'éducation.

Ensuite, l’idée de destruction créatrice, proposée par Aghion et Howitt, rappelle que l'innovation implique un processus de renouvellement. En effet, remplacer de vieux modèles économiques par de nouvelles idées est essentiel pour dynamiser l'économie. Un exemple marquant est celui des startups technologiques en Afrique de l'Est, qui, en offrant des solutions novatrices, ont réussi à transformer des secteurs entiers comme la finance. La RDC, avec ses talents et sa jeunesse dynamique, a le potentiel d’adopter cette dynamique d'innovation. Cela demande un environnement propice où les entrepreneurs se sentent encouragés à prendre des risques et à expérimenter.

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Enfin, il est crucial de développer une culture de l'innovation. Cela passe par des politiques éducatives qui valorisent la créativité et l'expérimentation. Les pays qui mettent l'accent sur l'enseignement des sciences et des technologies voient souvent une augmentation de leur capacité d'innovation. La RDC, en intégrant ces éléments dans son système éducatif, pourrait voir émerger des leaders de demain, capables de relever les défis contemporains. Encourager les jeunes à penser différemment et à proposer des solutions nouvelles est une étape clé pour construire un avenir meilleur.

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En résumé, le Prix Nobel d’économie 2025 sert d’alerte et de guide pour l'Afrique et la RDC. La nécessité d'une transformation économique par l'innovation est plus pressante que jamais. Les ressources naturelles, les talents et l'énergie de la jeunesse sont présents, mais il manque une vision claire et un engagement national envers l'innovation.

En adoptant des politiques éducatives ambitieuses, en établissant des institutions solides et en cultivant une culture de l'expérimentation, il est possible de construire un avenir prospère. Ce défi devrait être relevé collectivement, car comme le Prix Nobel 2025 nous le rappelle, le progrès ne se décrète pas — il se construit avec détermination et passion. # RDC, construisons-le, ensemble.

Penser librement, exister pleinement — un appel à la conscience congolaise 

Sénateur Prof. Faustin Luanga

01Octobre | 8:00 h

Kinshasa / RDC

Mes chers compatriotes,

Mesdames et Messieurs ami(e)s du Congo,

Chers jeunes du Congo et d’Afrique,

Celles ou ceux qui ont étudié ou côtoyé l’Université Libre de Bruxelles (ULB) peuvent se rappeler de la devise: « La pensée ne peut se soumettre ni à un dogme ni à une doctrine ni à un argument d’autorité. Parce que se soumettre, c’est cesser d’exister» dixit mon aîné Alexis Tambwe Mwamba, ancien Président du Sénat et ancien de l’ULB, une vraie lumière que je salue en pensant.

Cette phrase, simple en apparence, est une détonation dans le silence des consciences endormies. Elle nous rappelle que penser, c’est vivre. Et que renoncer à penser librement, c’est accepter de mourir intérieurement — lentement, mais sûrement.

En République Démocratique du Congo (RDC), cette maxime prend une résonance particulière. Car trop souvent, notre pensée a été corsetée par la peur, par la propagande, par les dogmes imposés d’en haut. Trop souvent, l’intellect congolais a été sommé de se taire, de répéter, de plier. Et pourtant, c’est dans la liberté de penser que réside la clé de notre renaissance.

Penser librement dans un pays meurtri

La RDC, notre pays, traverse des épreuves immenses : guerre à l’Est, conflits persistants, corruption enracinée, condamnation de l’ancien Président de la République, démission du Président de l’Assemblée Générale, institutions fragilisées, jeunesse désorientée… Mais ce n’est pas seulement notre territoire qui est blessé — c’est aussi notre capacité à penser par nous-mêmes, à interroger le réel, à refuser l’évidence imposée.

Quand la pensée se soumet à la peur, elle devient complice de l’injustice. Quand elle se soumet à l’autorité sans discernement, elle devient le relais de l’oppression. Et quand elle se soumet à la doctrine sans débat, elle devient le tombeau de la vérité.

Une exigence pour la jeunesse congolaise

Je m’adresse ici à la jeunesse du Congo, et par ricochet à celle d’Afrique, à cette génération qui n’a pas connu la paix durable, mais qui porte en elle les germes de la transformation. Refusez la soumission intellectuelle. Refusez les slogans creux, les dogmes stériles, les vérités toutes faites. Osez penser par vous-mêmes. Osez interroger, critiquer, proposer.

Car penser librement, ce n’est pas désobéir pour désobéir. C’est chercher la justice, c’est construire le sens, c’est refuser l’illusion. C’est être capable de dire non à l’inacceptable, et oui à l’inattendu.

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Une posture de réforme et de dignité

Dans nos institutions, dans nos universités, dans nos partis politiques, dans nos églises, dans nos différents mouvements associatifs, nous avons besoin d’une pensée qui ne se contente pas de réciter, mais qui ose créer. Une pensée qui ne se soumet pas à l’autorité, mais qui l’interroge. Une pensée qui ne fuit pas le conflit, mais qui le transforme en dialogue.

C’est ainsi que nous pourrons bâtir une République véritable — non pas celle des apparences, mais celle de la substance. Une République où le mérite supplante le clientélisme, où la vérité l’emporte sur la peur, où la jeunesse devient actrice et non spectatrice.

 

Penser, c’est résister. Penser, c’est construire.

Mes chers compatriotes et ami(e)s de la RDC. Dans ce Congo blessé mais debout, penser librement est un acte de résistance. Mais c’est aussi un acte de foi. Foi en notre capacité à nous relever. Foi en notre dignité. Foi en notre avenir.

Ne vous soumettez pas. Ni aux dogmes, ni aux doctrines, ni à ceux ou celles qui veulent vous faire taire. Car se soumettre, c’est cesser d’exister. Et notre peuple, malgré les blessures, existe encore. Il pense encore. Il espère encore.

Alors pensons. Pensons librement. Pensons courageusement. Pensons ensemble. Changeons le paradigme.

Et que cette pensée soit le levier de notre réforme, le socle de notre unité, et le souffle de notre résurrection. La RDC vaincra.

Salut chez vous.

Mwalimu, Faustin Luanga

Sénateur de la République.

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